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Audrey Diwan arrive à recréer sans le texte, avec les instruments du cinéma, les attitudes que l'écrivaine commentait et analysait, et en permettant au spectateur de les observer selon la même perspective, elle le laisse restituer seul la réflexion qu'elles appellent.
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Audrey Diwan parle de cinéma «immersif», argument marketing dans l’air du temps. Son film est plus fin que ça. Il empêche de détourner le regard et cela suffit pour éprouver un peu la peur et la détresse d’une jeune fille des années 1960.
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Interprété par une Anamaria Vartolomei habitée, ce film, Lion d'or à la Mostra de Venise, apporte sa pierre à l'édifice du combat féministe.
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Il y a, dans « l’Événement », un peu des Dardenne de « Rosetta » et du « Fils », de la caméra collée aux basques du « Fils de Saul », de Laszlo Nemes, et des accents émancipateurs qu’on retrouve chez Agnès Varda ou dans les premiers films de Chloé Zhao.
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Audrey Diwan signe un film extrêmement juste dans sa dureté, qui à la morale obtuse d’une société emprisonnant le corps des femmes oppose un regard libre et sans crainte.
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Avec un dispositif sobre et millimétré, Audrey Diwan capte avec force l'anxiogène et étouffante bataille de son héroïne en muant, peu à peu, son drame social en film de résistance : celle d'une femme livrée à elle-même. Un véritable uppercut.
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C’est précisément cet effet de jaillissement, d’apparition défini par le mot “événement”, que vise le film. On n’en sort pas indemne, avec, au cœur et au ventre, la sensation d’avoir vu, effectivement, quelque chose surgir de l’écran.